
Préambule
Avant de développer plus en détail la thématique des modifications, il me parait essentiel de bien préciser que, comme tout le reste de ce que je te partage sur ce blog, tout est consentis, discuté et désiré autant par mon Dominant que par moi. C’est parfois même moi qui ai abordé certains sujets en premier tellement cela me paraissait être logique ou le bon moment dans le cadre de ma soumission.
Mais il ne faut pas oublier que de telles modifications peuvent avoir des répercussions importantes sur le soumis. Je pense par exemple à l’acceptation d’une nouvelle image de soi ou les conséquences éventuelles sur d’autres aspects de la vie comme au travail, avec les amis ou la famille. C’est encore plus vrai si les dites modifications sont visibles. Avant de se lancer il faut donc bien être conscient de cela et que le sujet ait été mûrement réfléchi et discuté, en particulier en cas de modification définitive. Mais surtout je dirais qu’il faut que ça ait du sens et pas que pour le Dominant.
Et puis, le dernier point que je souhaitais rappeler est que ce qui est valable dans ma relation D/s ne le sera pas forcément pour tout le monde. Je n’ai jamais voulu faire passer mon expérience comme une règle à suivre. Si tu n’as aucune expérience dans la soumission, sache qu’il n’est absolument pas obligé de passer par les mêmes étapes ou d’aller aussi loin pour faire de toi un bon soumis ou pour que cela soit épanouissant autant pour ton Dominant que pour toi. Chaque relation est différente, avec ses propres objectifs, ses propres règles, ce qui doit être modifié ou non.
Voilà pour les précisions que je souhaitais apporter. Pour des questions de lisibilité, je ne reviendrai plus sur ces points là dans les prochaines parties de ces articles.
Ces précisions étant maintenant apportées, je peux revenir sur ces fameuses modifications auxquelles je suis soumis (je t’invite, si ce n’est pas déjà fait, à jeter un œil aux parties un et deux). Des modifications autant comportementales, psychologiques que physiques donc. Mais je n’avais pas encore réellement abordé la question de « pourquoi » procéder à ces modifications et ce que cela représente dans le cadre de ma relation D/s. Je vais donc tenter d’y répondre ici et j’aborderais dans un autre article aussi la question du « comment » cela se concrétise dans mon quotidien.
Alors, pourquoi ?
La réponse à cette première question peut être à la fois simple et complexe. Une réponse simple pourrait être parce que c’est ce que veut mon Dominant et que je suis là pour obéir. Mais tu t’en doutes, ça n’irait pas et c’est surtout plus subtil que ça.
L’un des objectifs dans une relation D/s est justement la transformation du soumis, via son éducation ou, en d’autres termes, son dressage. Le but étant qu’il réponde aux souhaits du Dominant et qu’il corresponde, avec le temps, à la version idéale à laquelle Il est en droit d’attendre. Et, lorsque la relation est bienveillante, l’objectif sous-jacent est de faire du soumis une meilleure version de lui-même.
D’une manière générale, travailler sur des modifications permet de fixer des objectifs, de dresser une route ou un but vers lequel avancer et évoluer. Et au final cela fini par donner aussi du sens à bon nombre d’autres choses. Et ça c’est très important.
Par exemple :
– Je dois modifier mon comportement et en adopter un bien précis fixé par mon Dominant. Si je ne le respecte pas, Il devrait me punir. La punition prend ici du sens par la nécessité de corriger le fait que l’objectif comportemental n’est pas atteint ou respecté. Bien que punir pour punir sans véritable raison soit possible dans certaines relations D/s, pour moi il est important que la punition ait un vrai sens, ma soumission n’étant pas un jeu. Il faudrait donc qu’elle ait un sens et serve à mon éducation et ce même si, dans le fond, je n’ai pas besoin d’une punition pour me remettre en question si j’ai mal agis ou désobéi. Mais c’est parfois nécessaire.
– Le sexe de mon Dominant est le seul qui compte et il parait donc logique que ma propre sexualité s’en voit modifiée et « supprimée » notamment par le port de la cage de chasteté et l’interdiction de mes orgasmes. Apprendre, quand ce n’est pas inné, à faire passer son propre plaisir après celui de son Dominant, voire à en faire totalement l’impasse, est, pour moi, en quelques sortes la base, en plus d’être un magnifique signe de soumission. Procéder à la modification de ma sexualité revêt donc ici un sens particulièrement significatif pour moi.
– Enfin, mon Dominant est le seul véritable Homme dans cette relation et la suppression de certains de mes traits physiques associés à la virilité a pour but de mettre encore plus en évidence cette affirmation. Je fais référence ici particulièrement à mon épilation définitive du corps entier. Poils ou pas, je sais que je ne suis pas l’égal de mon Dominant. Je n’avais donc aucun besoin pour moi et pour me sentir à ma place de cette épilation, tellement cette différence de position relève de l’évidence. Mais je me suis rendu compte qu’il m’importe en réalité que ça se voit. Même si ça ne doit être qu’auprès des plus observateurs ou des gens du milieu, je souhaiterais qu’il n’y ait aucun doute sur ce que je suis par rapport à Lui et que directement on comprenne quelle est ma place. Cette question à donc très vite pris de l’importance pour moi après les premières discussions sur le sujet. A tel point que c’est justement un des sujets sur lesquels j’ai anticipé les souhaits de mon Dominant, Lui proposant de moi-même d’aller plus loin dans la suppression de ces traits physiques.
En plus de ces exemples, beaucoup d’autres modifications ont pour but de servir la manière dont est perçu mon Dominant. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne mon comportement, notamment au travers de mon langage. Je sais que cela engage Son image et Sa réputation. Qu’Il soit avec moi ou non et que mes interlocuteurs aient connaissances ou non de ma soumission, peu importe. En appliquant ce qu’Il attend de moi, même en Son absence donc, je continue à Le servir, je fais honneur au dressage qu’Il a bien voulu me prodiguer et surtout je Le mets en valeur comme étant un bon Dominant. Et, par la même occasion, je respecte aussi mes interlocuteurs, ce qui est d’une manière générale preuve d’une bonne éducation (et il faut l’avouer, ça se perd). Cela me permet aussi d’affirmer (de manière passive quand je ne suis pas dans un contexte D/s) ma position jusque dans mes relations avec autrui.
Ceci dit il ne faudrait pas en conclure que transformer un soumis ne servirait que les intérêts du Dominant. Pour rester dans l’exemple du comportement, quand j’ai l’occasion de démontrer la qualité du dressage de mon Dominant, c’est est une source de très grande fierté et de bonheur pour moi. Mais je pourrais rajouter que, quand par exemple Il me donne l’ordre de prendre soin de moi (fitness. apparence, santé…) mon Dominant y trouve certes un intérêt mais moi aussi j’en tire d’innombrables bénéfices : être en meilleure forme, mieux manger, mieux dans mon corps, etc. C’est gagnant-gagnant. Je n’ai pas besoin d’expliquer pourquoi mais tout cela est évidemment bon pour moi. Mais comme dit plus haut, ça se répercute sur l’image de mon Dominant. En l’occurence ça Le mettra ici en valeur comme étant quelqu’un qui prend soin de Sa propriété.
En ce qui me concerne ça va même bien au-delà de « juste » l’apparence. La manière d’être de mon Dominant, Sa stature et Sa confiance en Lui me servent d’exemples. Parfois simplement Son comportement, une remarque au détours d’une conversation ou une suggestion (que je considère de toutes façons comme une forme d’ordre) de Sa part, m’ont permis de modifié de ma propre initiative certains de mes propres comportements. Je pourrais citer le fait d’arrêter de fumer ou de boire de l’alcool par exemple. Même si ma consommation d’alcool n’a jamais été problématique elle me servait presque exclusivement de béquille pour gérer ma timidité. Et comme le nom de mon blog l’indique, la timidité est un vrai fardeau chez moi. Mais en voyant l’assurance naturelle de mon Dominant je ne pouvais que prendre exemple. C’est ce qui m’a poussé à apprendre à gérer cette timidité sans artifice. Et évidemment le fait de pouvoir être à ma place et reconnu pour qui je suis vraiment est un sacré booster qui m’aide également à gagner en confiance en moi.
A coté de cela, améliorer ma nutrition ou garder la motivation pour être régulier au fitness sont autant de points sur lesquels j’ai longtemps eu envie de travailler sans jamais y arriver ou tenir sur la durée. Les ordres de mon Dominant fonctionnent ici clairement comme un charme. Je ne me pose plus de questions, j’obéis et c’est tellement plus simple pour moi. Mais je reste humain, avec des périodes où les choses sont plus difficiles à gérer. Mais je cherche à faire au mieux.
Pour les mêmes raisons j’ai même pris en main certaines questions de santé longtemps ignorées par « commodité ». Rien de grave, mais je sais que seul, sans Son cadre, Son aide et donc Son dressage, je n’aurais rien fait de tout ça. Bien entendu ici aussi je n’ai pas le choix, ce sont des ordres. Mais des ordres censés et ô combien bienveillants qui me tirent vers le haut et me poussent à m’améliorer (la meilleure version de moi-même, j’en parlais plus haut…). J’obéis dans le but de satisfaire mon Dominant et de le rendre fier certes, mais j’ai clairement tout à y gagner également. Alors que je n’entende plus que le BDSM c’est de l’abus au seul bénéfice du Dominant.
Devenir Sa création
En discutant des modifications avec Lui, l’image de la pâte à modeler m’était venu en tête pour illustrer mon état d’esprit face à cette thématique. Je me vois comme ce bloc de pâte à modeler, sans forme définie au début (ce qui évoquait ma vie d’avant où j’étais mal dans ma peau, sans réel but, etc.). Et mon Dominant je Le vois comme cet artiste qui a réussi à percevoir chez moi, dans ce bloc de pâte, la possibilité d’en faire quelque chose. En Le laissant me façonner à Sa façon, je cherche évidemment en premier lieu à Le satisfaire au mieux. Je Le laisse créer, je l’espère, ce soumis au plus proche de Ses désirs. Mais je Le laisse en réalité me créer. Car, en donnant une forme à ce bloc de pâte, Il a donné vie à mon vrai moi, si longtemps et si profondément enfoui. Et avec cela Il m’a révélé, Il m’a donné un but, une raison d’être. L’image peut paraître poussive et les mots lourds de sens, j’en suis conscient, mais ils n’en restent pas moins la retranscription de ce que je ressens vraiment.
Et si je t’explique cela, c’est pour en venir à mon ressenti face aux modifications qui me concernent, aussi profondes ou définitives puissent-elles être. Je n’éprouve aucun malaise, aucune hésitation face à ce qui est en train d’être modifié et ce qui va ou pourrait être modifié à l’avenir. Ai-je perdu la tête ? Suis-je aveuglé par la dévotion que je porte à mon Dominant ? Non, honnêtement je ne le pense pas. En fait, comme tout le reste dans ce fabuleux voyage qu’est ma soumission, tout est fluide et naturel. Il n’y a pas de questions, d’hésitations car j’ai la conviction d’être sur le bon chemin. C’est l’expression logique de Sa création. Non seulement cela a du sens pour moi, mais au fond pourquoi voudrais-je m’y opposer ? J’ai compris qui j’étais et que, au plus profond de moi, j’étais destiné à servir. Je n’éprouve donc aucune réticence ni aucune peur à ce que je sois, physiquement et psychologiquement transformé afin de m’approcher au mieux de l’idéal désiré par mon Dominant. Cette démarche et ces perspectives m’apportent de l’apaisement et du bonheur. Cela met de l’ordre dans mon esprit, si souvent agité de mille questions. Cela concrétise ma «raison d’être» dont je te parlais ci-dessus.
Voilà, j’espère avoir pu donner quelques réponses à la question de savoir pourquoi N/nous procédions à ces diverses modifications. Dans la suite de cette série d’articles je reviendrai sur comment cela se traduit concrètement dans mon quotidien.
